Comment faire face à une urgence psychologique

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Comment faire face à une urgence psychologique

Comprendre
Il s’agit d’un état de souffrance psychique aiguë, qui peut mettre en danger la santé psychologique de l’enfant. C’est généralement à la suite d’un événement traumatique que l’enfant se trouve dans une situation d’urgence. A la différence d’une urgence médicale, cette souffrance n’est pas palpable et
peut paraître invisible aux yeux des adultes.

Les causes

Les événements traumatiques
Un traumatisme est un événement qui survient brutalement dans la vie de l’enfant et fait effraction dans son psychisme avec une telle force, une telle brutalité et une telle surprise que l’enfant ne peut l’intégrer. En état de choc, il est débordé dans sa capacité à « traiter » l’événement.
Un même événement peut créer un traumatisme chez un enfant et pas chez un autre. Cela dépend de ses zones de fragilités et des résonances que l’événement rencontre dans son histoire.

Le décès d’un proche : le père, la mère, un frère, une sœur, un grand-parent, une nounou, un enseignant… Il arrive que l’enfant souffre tellement de la séparation qu’il ressente le désir de mourir pour retrouver la personne qu’il a perdue.

La séparation des parents : cela est peu fréquent, mais lorsque la séparation est brutale et que rien ne la laissait entrevoir, ou bien lorsque les parents se déchirent violemment, l’enfant peut se sentir coupable de cette séparation. Il pense en être la cause, et cherche dans son comportement les raisons de la rupture. Il croit qu’il n’a pas été assez gentil, il se demande ce qu’il a fait pour ne pas retenir ses parents. La famille étant en crise, il n’ose pas se confier et
garde pour lui ses pensées qui le rongent.

Les drames familiaux : lorsque l’enfant est témoin d’un meurtre, ou d’actes de violence d’un parent envers l’autre.

Les agressions sexuelles : elles atteignent l’enfant dans son intimité et son identité. N’ayant pas encore l’expérience de la vie sexuelle, il ne comprend pas ce qui lui arrive et est incapable de trouver des mots précis pour exprimer ce qui l’a atteint. D’autant que l’agresseur
accompagne toujours son acte d’une manipulation mentale : il menace l’enfant, lui fait du chantage, lui dit que c’est de sa faute. Se sentant tellement coupable et honteux (d’autant plus, s’il a res-
senti du plaisir), l’enfant garde son secret.

Quand l’agresseur est un membre de la famille, la situation est encore plus complexe. Car l’abus sexuel n’est malheureusement pas un acte isolé, mais répétitif. L’enfant vit dans la confusion, puisque des
liens affectifs se superposent à la violence des actes. Il sent que sa parole peut faire exploser la famille. Sa culpabilité est très forte.

La maltraitance physique : élevé à coup de ceinturon ou de claques, l’enfant vit en permanence dans la peur, d’autant que la maltraitance s’accompagne toujours de menaces. Non seulement
l’enfant souffre, mais il vit dans la culpabilité d’être mauvais, sans valeur, d’avoir mal fait quelque chose.

Les accidents de voiture, catastrophes naturelles, attentats…
ces événements surgissent brutalement dans la vie de l’enfant, de manière totalement imprévisible. Non seulement ils mettent sa vie en danger, mais aussi celle des adultes censés le protéger. Ils peuvent faire naître chez l’enfant un profond sentiment d’insécurité et une angoisse de mort.

La détresse psychologique des parents
D’autres situations, non liées à un événement traumatique, peuvent générer une grande souffrance chez l’enfant. Elles surviennent lorsque la jeune mère vit une situation de crise d’angoisse, avec la crainte de pas pouvoir s’occuper de son bébé, lui prodiguer les soins et l’attention nécessaires à sa sécurité affective. Ce peut être le cas lorsqu’elle est en dépression, en deuil (décès du conjoint), maltraitée par son compagnon… La mère dépressive passe brusquement de l’hyper-investissement à la négligence vis-à-vis de son enfant. Or, ce dernier a besoin de stabilité et du coup, il manque de repères. Citons également les cas de « panique infanticide ». Il s’agit de parents éprouvant des pensées violentes à l’égard de leur enfant (envies de meurtre, par exemple). Ils ont du mal à contenir leurs pensées et en éprouvent un très lourd sentiment de culpabilité.

Reconnaître les signes
Désir de mourir pour en finir avec sa souffrance, peur et anxiété : voilà ce que peut éprouver l’enfant confronté à un événement traumatisant ou à des parents en détresse. Il n’exprimera pas sa souffrance par des mots, mais au travers d’actes ou de symptômes physiques. L’enfant qui a des envies de suicide peut le montrer par des gestes évocateurs. Il s’assied sur le bord d’une fenêtre, se penche au bal-
con, se met un foulard ou un ruban autour du cou, mime un couteau en train de lui trancher la gorge… Certains enfants ne semblent pas maîtriser l’évaluation du danger : ils font des chutes à répétition, traversent volontairement une rue à l’approche d’une voiture…

D’autres symptômes doivent également retenir votre attention : perte d’appétit, troubles du sommeil (difficultés d’endormissement, insomnies, cauchemars à répétition, terreurs nocturnes), baisse des résultats scolaires, forte agressivité, hyperactivité, retrait, repli sur soi, mutisme. Soyez attentif(ve) aux changements brutaux ou rapides de comportement.

Réagir
Prenez rapidement rendez-vous avec un pédopsychiatre.

L’attitude parentale
• Evitez deux écueils : banaliser la souffrance de l’enfant ; vous angoisser et culpabiliser à l’extrême. Dans le premier cas, l’enfant se sentira nié. Dans le second, son angoisse risque de s’amplifier.
• Montrez-vous responsable et protecteur(trice). Prenez en considération sa demande et parlez-lui posément : « on va t’aider ; on va chercher avec toi de quoi tu souffres, pourquoi tu ne veux plus
vivre. Untel va t’aider ».
• Si l’enfant a subi un traumatisme, expliquez-lui que sa réaction (peur, panique, choc, colère, tristesse…) est normale et que c’est l’événement qui était anormal. Parce que l’enfant en proie à des
émotions intenses peut croire qu’il est à l’origine du problème.
• Si vous-même vous vous sentez en difficulté auprès de votre enfant, n’hésitez pas à contacter un consultant par téléphone (voir page suivante les coordonnées des différentes lignes d’écoute télé-
phoniques dans la rubrique A qui vous adresser ?). Si vous avez des pensées violentes à l’égard de votre enfant, sachez que le fait de pouvoir en parler à un(e) psychologue permet de les atténuer considérablement.

Le travail du pédopsychiatre
Il voit généralement les parents avec l’enfant, puis l’enfant seul. Ce dernier trouve un espace dans lequel il peut librement exprimer sa souffrance, sa colère, sa tristesse, sans craindre d’être jugé, ni grondé. Bien souvent, l’enfant n’ose pas exprimer ses émotions de peur de blesser ou de faire souffrir ses parents.
Le pédopsychiatre, non impliqué affectivement, va l’aider à mettre des mots sur sa souffrance, à lui donner un sens en la reliant à son vécu. L’important dans ce travail sera de l’amener à verbaliser ce qu’il aura ressenti. Ces paroles l’aideront à diminuer, à évacuer les images violentes jusqu’à les faire disparaître.

En l’absence d’un tel accompagnement, l’enfant risque de garder « intact » le choc qu’il aura subi. Des images reviendront en flashback, soit spontanément, soit à l’occasion d’événements précis. Il risque alors de développer des mécanismes de défense pour s’en protéger : comportement d’évitement, hypermatu-
rité, clivage (il partage son psychisme en deux, une partie blessée qui semble brutalement détruite et une partie intacte qui ne sent rien). Plus vous consultez tôt, plus la situation se résoudra rapidement. Quelques séances permettent de faire disparaître les symptômes. Mieux vaut cependant ne pas en rester là, car un travail plus approfondi est souvent nécessaire pour dénouer les situations complexes.

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